I. L’histoire commence ici et maintenant : le Rojava comme aliénation présente
L’histoire est une, ici et maintenant. Cette banalité doit être réaffirmée avec une inflexible intransigeance face à la confusion organisée sur les concepts. Parler de « la révolution du Rojava », de « l’histoire kurde », de « l’expérience démocratique syrienne » constitue déjà une falsification. Ces histoires séparées, applaudies par les ennemis de l’histoire — ces historiens de profession, ces gauchistes de métier, ces idéologues du spectacle — masquent l’essentiel : dans le Rojava, aucune transformation révolutionnaire des rapports sociaux n’est en mouvement.
L’histoire est le jeu de l’humanité entière et divisée. Le Rojava n’est qu’un épisode de la division permanente de l’humanité en classes, une nouvelle séparation déguisée en dépassement. Les classes subalternes — prolétaires et paysans pauvres — y restent privées du rôle dirigeant qui leur reviendrait si la révolution sociale y était réellement en marche. Car l’histoire est une activité présente, ou elle n’est rien.
L’enjeu réel des événements dans le Rojava est celui de l’autonomie administrative d’une région syrienne à majorité kurde. Point. Tout le reste n’est qu’écran de fumée idéologique destiné aux « belles âmes de gauche occidentales », ces pèlerins du folklore révolutionnaire qui, après l’URSS stalinienne, la Chine maoïste, Cuba, la Palestine et le Chiapas, ont trouvé une nouvelle destination exotique où projeter leurs fantasmes sans affronter la réalité de la lutte des classes dans les métropoles impérialistes.
II. De l’histoire au quotidien : la composition de classe révèle l’imposture
1) La révolte des pauvres mise hors de l’histoire
Aucun des chantres du Rojava ne s’intéresse à la composition de classe de cette région, ni à la caractérisation précise de son développement économique. Cette omission n’est pas accidentelle : elle cache que les classes existent et se reproduisent au Rojava comme partout ailleurs.
On y retrouve des paysans de tous revenus, des petits-commerçants, des patrons, des employés de l’État syrien et ceux, nouveaux, du PYD, des enseignants, des ouvriers de la petite industrie et des professions libérales. La grande majorité des cadres du PYD sont avocats, enseignants, médecins ou ingénieurs diplômés. Le premier ministre du Canton de Cizire est un « riche homme d’affaires » syrien. La structure productive reste faible, le caractère de la région étriqué. Deux usines seulement — la cimenterie Lafarge de Jalabiya et le centre d’extraction pétrolière de Rumêlan — constituent l’ensemble du prolétariat industriel, réduit à une simple expression.
Sur cette base subsistent d’importants restes d’organisation précapitaliste : clans et tribus maintiennent leur système de relations sociales fortement hiérarchisées. La prétendue « réforme agraire » ? Dix mille hectares redistribués en octobre 2015. Une mesure dérisoire, un hochet pour endormir les enfants et édifier les adolescents.
2) L’aliénation triomphe dans le quotidiennisme du Rojava
Le PYD exhibe son féminisme. Mais suffit-il de créer des bataillons féminins pour prétendre à la fin de l’oppression de la femme par l’homme ? Certainement pas. Le premier objectif serait de démolir de fond en comble la structure patriarcale de la société civile et des tribus. Une politique que le PYD se garde bien d’adopter, car il est toujours en quête de soutiens dans la « société traditionnelle » kurde, exactement comme Daech l’a fait avec les tribus sunnites d’Irak et de Syrie.
Les 6 000 flics de l’Asayish sont là pour assurer le rôle d’encadrement et de contrôle des populations. Le noyau dur de l’État est donc bien en place. En juin 2013, la répression d’une manifestation anti-PYD à Amude fit 6 morts et 50 emprisonnés. En mars 2017, une rafle massive dans les milieux de l’opposition kurde, fermeture des sièges des opposants. À Hassaka et Qamichli, les administrations syrienne et du PYD cohabitent parfois dans les mêmes bâtiments. Les fonctionnaires syriens continuent d’être payés par Damas. La population subit parfois une double imposition.
Voilà la réalité quotidienne de ce prétendu « au-delà de l’État-nation » ! L’aliénation s’y étend comme partout ailleurs. Le parti-État contrôle tout et évince tout fonctionnaire qui ne lui est pas fidèle. Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté les violations : villages arabes rasés, déplacements forcés de populations.
III. Le PKK : matrice stalinienne d’une contre-révolution permanente
1) L’histoire comme activité contre-révolutionnaire
Le PKK incarne parfaitement ce que l’histoire révèle lorsqu’elle est confisquée par ses ennemis. Sa matrice stalinienne explique sa capacité aux revirements d’alliances et de programmes : du nationalisme kurde au nationalisme grand-turc, de l’athéisme à l’islamisme, du bellicisme au pacifisme, de l’éloge des dictatures aux balivernes sur la démocratie participative. La ligne rouge qui relie ces métamorphoses ? La contre-révolution.
De 1979 à 1999, le PKK fut l’allié d’Assad père, enrôlant des dizaines de milliers de combattants kurdes syriens pour les persuader que la solution à leurs problèmes en Syrie résidait dans le combat pour les Kurdes en Turquie. Öcalan lui-même niait l’existence d’un Kurdistan syrien, affirmant que les Kurdes en Syrie n’étaient que des réfugiés politiques de Turquie.
Le PKK a continuellement changé d’objectifs : d’abord un État kurde unitaire, puis l’indépendance du seul Kurdistan turc, ensuite une modeste autonomie administrative, et finalement, selon son 7ème Congrès de janvier 2000, le simple maintien de la reconnaissance linguistique déjà octroyée par la Turquie depuis 1990. Après avoir répandu la haine entre prolétaires kurdes et turcs, le PKK se fait champion de l’unité nationale turque, de la démocratie, de l’État kémaliste et du projet impérialiste grand-turc.
Le PKK s’est approprié pour des raisons d’efficacité, sous prétexte de les structurer, les initiatives d’autodéfense villageoise contre la violence d’État, les confisquant dans une guerre frontale pour des objectifs contradictoires ou au rabais. Son histoire de près de vingt ans accompagne la révolte kurde comme sa plus mauvaise expression.
2) Le PYD : pâle filiale du PKK, allié d’Assad, de la Russie et des USA
Depuis 2011, le PYD/PKK est l’allié intérieur le plus constant et le plus consistant du régime d’Assad. Ce dernier a retiré ses troupes du Rojava dès 2012. Des opérations militaires coordonnées contre les milices d’Alep ont été menées depuis. Les YPG n’ont pratiquement jamais croisé le fer avec les bouchers syrien, russe ou iranien.
En avril 2011, une centaine de prisonniers politiques kurdes du PYD sont libérés, le dirigeant Mohammed Salih Muslim est autorisé à rentrer d’exil, 300 000 Kurdes retrouvent leur nationalité syrienne. L’accord fonctionne : Assad déleste des troupes du Rojava pour les concentrer dans la zone Damas-Alep ; le PYD empêche un rassemblement unique de tous les Kurdes en Syrie et combat Daech à sa place.
Mais le PYD se veut « anti-impérialiste » ! Pourtant, il est simultanément l’allié des USA et de la Russie. Sa force militaire, les YPG, constitue la composante principale des Forces démocratiques syriennes, coalition militaire voulue et reconnue par Washington. Les YPG sont armées par les USA et entraînées par les forces spéciales russes. En janvier 2015, Brett McGurk, émissaire spécial de la Maison Blanche, se rend à Kobane. En mai 2017, le Pentagone déclare considérer l’armement des YPG comme « une nécessité ». Les USA ont déployé 250 conseillers militaires, supervisé la construction de l’aérodrome de Rimêlan, fourni armes, munitions et véhicules blindés.
Simultanément, la Russie développe l’aéroport de Qamichli. En janvier 2017, le PYD est invité comme observateur à la conférence d’Astana. Vous avez dit anti-impérialistes ?
Comme le déclare cyniquement le commandant Cihan Kendal : « Nous connaissons les intérêts des USA dans la région […] Ils essayent de nous utiliser, nous le savons et nous essayons d’en tirer parti. Avec les USA, on se combat idéologiquement mais nous coopérons sur le terrain. » Et d’ajouter : « Nous avons des liens avec Assad. »
Voilà l’aveu sans fard : le programme effectif du PYD est celui d’une autonomie kurde au sein de la Syrie d’Assad, en tout point identique à celui du PKK qui veut un Kurdistan turc au sein d’un État turc fédéral.
IV. La mouvance Lundi Matin, La Fabrique et les sectateurs d’Hazan : propagandistes de l’imposture
1) Les pèlerins du folklore révolutionnaire
L’engouement des derniers maoïstes, des tiers-mondistes, des « anti-impérialistes », des nationalistes écossais, des altermondialistes, des trotskystes et même des anarchistes et des « antagonistes » pour le Rojava n’a d’équivalent que leur soutien à la « cause palestinienne ». Après l’URSS stalinienne, la Chine maoïste et toutes les destinations exotiques qui ont suivi, il échoit désormais au Rojava de porter les espoirs « révolutionnaires ».
La popularité de ces phénomènes marginaux de la restructuration permanente de la domination capitaliste mondiale est inversement proportionnelle à l’intensité de la lutte de classe qui s’y déroule. Aujourd’hui, cette dernière peine à s’imposer, donc l’inter-classisme et les nationalismes différemment colorés prospèrent.
Les pèlerinages sur les nouveaux lieux saints de l’anti-impérialisme se multiplient comme jadis à Cuba, dans la Chine maoïste, en Palestine ou dans le Chiapas. Parmi les visiteurs enthousiastes : David Graeber qui ose déclarer que « c’est la Guerre d’Espagne qui se rejoue au Rojava » et que « depuis 2005, le PKK s’inspire de la stratégie des rebelles zapatistes du Chiapas ». Foutaises spectaculaires pour esprits saturés d’aliénation !
2) Lundi Matin, Serge Quadruppani et La Fabrique : agents de confusion au service de la contre-révolution
Une partie spécifique de l’extrême-gauche française, gravitant autour de la revue Lundi Matin et des éditions La Fabrique, ainsi que des sectateurs d’Éric Hazan et de Qudruoppani , a orchestré une campagne de propagande pour le Rojava. Cette mouvance a fait la publicité d’un pseudo-engagement révolutionnaire présenté comme l’occasion d’aller « casser de l’islamiste », détournant l’énergie militante vers une guerre inter-impérialiste déguisée en combat antifasciste.
Cette rhétorique guerrière évacue toute analyse de classe et toute critique de la nature réelle du PYD. Elle transforme un conflit entre factions bourgeoises rivales en opposition manichéenne entre « démocratie directe » et « fascisme islamiste ». Le folklorisme militant — images spectaculaires de combattantes en armes, discours creux sur l’écologie et la démocratie directe — permet à une fraction de l’extrême-gauche petite-bourgeoise de se donner bonne conscience sans remettre en question ses propres privilèges ni s’engager dans l’organisation du prolétariat métropolitain.
3) Serge Quadrupani : du négationnisme aux provocations pro-Rojava
Cette campagne a été notament soutenue et relayée par Serge Quadrupani , figure déjà dénoncée par Guy Debord comme négationniste et agent provocateur. Debord avait mis en garde contre Qudruppani après la publication en 1979 de textes minimisant la réalité des chambres à gaz nazies. Cette dérive négationniste, présentée sous couvert d’ultra-gauchisme et de critique de l’idéologie antifasciste, avait valu à Qudruppan d’être isolé par les courants révolutionnaires sérieux.
Malgré ce passé sulfureux, Qudruppani a continué à exercer une influence dans certains cercles de l’ultra-gauche française — précisément ceux qui ont fait la promotion du Rojava. Son soutien révèle la continuité d’une pratique politique fondée sur la confusion théorique et la provocation, servant objectivement à discréditer toute perspective révolutionnaire authentique.
4) Convergences avec l’extrême-droite : l’anti-islamisme comme masque du racisme
Plus troublant encore, cette campagne pro-Rojava a révélé des convergences objectives avec l’extrême-droite française. Certains militants partis combattre au Rojava entretenaient des liens avec des milieux d’extrême-droite identitaire, unis par un même « anti-islamisme » primaire masquant mal leur racisme.
Cette alliance objective entre une fraction de l’ultra-gauche et l’extrême-droite illustre la dérive complète de courants ayant abandonné toute analyse de classe au profit d’un identitarisme inversé. L’ennemi n’est plus le capitalisme et l’État, mais « l’islamiste » comme figure abstraite du mal absolu.
Cette convergence brune-rouge autour du Rojava rappelle les pires dérives de l’anti-impérialisme dévoyé, où la défense de tel ou tel camp impérialiste (ici, l’alliance USA-Russie-Assad via le PYD) est justifiée par une rhétorique pseudo-révolutionnaire. Les éditions La Fabrique et la mouvance Lundi Matin ont joué le rôle d’idiots utiles, voire d’agents conscients, de cette opération de confusion politique massive.
Cette mouvance incarne parfaitement la dérive post-situationniste et post-autonome qui a renoncé à toute perspective révolutionnaire sérieuse au profit d’un activisme spectaculaire et d’une surenchère verbale masquant l’indigence théorique et l’opportunisme politique.
V En finir avec l’oppression nationale
1) Le nationalisme, pire des armes contre l’oppression nationale
Marginalisés, discriminés, réprimés, les Kurdes syriens ont d’excellentes raisons de se révolter contre l’autocratie des Assad. Mais le nationalisme est la pire des armes pour s’affranchir de l’oppression nationale. Dans le cas du Rojava, compte tenu de la faiblesse de la structure productive et du caractère étriqué de cette région, le nationalisme a encore moins qu’ailleurs la capacité d’apporter une solution aux problèmes de ces populations.
Il devient lui-même une arme contre elles car il les sépare artificiellement du combat général contre les régimes despotiques de la région et leur obstrue la voie vers la lutte de classes — seul chemin viable pour éliminer l’exploitation et toutes les oppressions, dont celles sur base nationale.
La « communauté nationale », comme toute autre communauté fictive (dont la prétendue communauté religieuse), contrairement à la communauté prolétarienne en lutte contre le capital, est fondée sur une mystification, sur l’occultation des rapports sociaux, sur la négation de l’existence de classes aux intérêts antagoniques. Toute nation est un produit de la société divisée en classes, enracinée sur des mythes visant à établir un trait d’union entre exploiteurs et exploités.
2) L’internationalisme prolétarien contre toutes les frontières
Les révolutionnaires se battent contre tout État, contre toute nation dominante et contre toute tentative de constitution de nouvelles « communautés nationales » dans les interstices des nations existantes. C’est le sens même de l’internationalisme prolétarien : le prolétariat n’a pas de nation, il est « étranger » partout et n’a donc aucun intérêt national à défendre.
Autre chose est de lutter avec les moyens de classe contre les oppressions engendrées par les classes dominantes. La question de l’oppression nationale ne suscite pas d’indifférence chez les révolutionaires. Mais elle ne trouve pas de réponse dans le cadre strict qui l’a engendrée. Opposer une nation opprimée à une nation dominante sert uniquement à créer de nouvelles oppressions, à remplacer celles d’antan avec de nouvelles dominations nationales — comme les résultats du « Printemps arabe » et des mouvements de libération nationale du passé l’ont amplement démontré.
Les révolutionnaires n’ont pas vocation à tracer de nouvelles frontières car ils combattent toutes les frontières. Lorsque la redéfinition des périmètres des États provoque des conflits au sein des opprimés et des exploités — comme dans le cas de la Syrie aujourd’hui ou de la Yougoslavie hier — les révolutionnaires font acte de défaitisme et appellent les gueuxet les paysans pauvres à s’unir contre les anciens et nouveaux oppresseurs.
3) Le défaitisme révolutionnaire et la fédération libre
Comme Marx l’indiquait pour l’Irlande, le prolétariat d’aujourd’hui doit prendre en charge la lutte contre l’oppression nationale en défendant la perspective de classe comme alternative viable aux illusions nationalistes. La réponse est celle des conseils — la forme la plus adaptée à soigner les blessures profondes provoquées par des millénaires de guerres et de concurrence entre les populations.
La révolution prolétarienne d’octobre 1917 en Russie appliqua cette directive en inscrivant dans sa Constitution de 1918 : « La République soviétique de Russie est fondée sur la libre union de nations libres, en tant que fédération de Républiques soviétiques nationales. » Une fédération conçue comme pas indispensable vers l’unification et la centralisation de la communauté humaine par-delà les frontières.
Plus question de soutenir des mouvements démocratiques bourgeois ou de libération nationale. Tous ont fait faillite. Quand ils existent, ils sont d’emblée inféodés à des secteurs des classes dominantes — comme c’est le cas du PKK, des différentes factions palestiniennes, des religieux tibétains, de l’organisation zapatiste au Chiapas.
VI. Conclusion : l’oxymore de l' »État révolutionnaire »
Un État révolutionnaire est un oxymore. L’histoire est le jeu de l’humanité entière et divisée, ici et maintenant. Elle a pour but la maîtrise et la fin de l’humanité et du temps — non la constitution de nouveaux appareils d’État.
Le Rojava n’est pas une expérience de dépassement de l’État mais la construction d’un nouvel appareil étatique bourgeois proto-stalinien, alliance contre-nature entre nationalisme kurde et régime Assad. La campagne de soutien orchestrée par une partie de l’extrême-gauche française — avec ses liens troubles tant avec le négationnisme qu’avec l’extrême-droite — révèle la profonde confusion idéologique et la faillite politique de courants qui se prétendent révolutionnaires.
Le Rojava n’est qu’une nouvelle mystification nationaliste masquant la persistance de l’exploitation capitaliste et détournant les énergies révolutionnaires vers un projet inter-classiste voué à l’échec, tout en servant objectivement les intérêts du régime Assad et des puissances impérialistes. Le soutien que lui apportent des structures comme Lundi Matin ou La Fabrique ne fait que confirmer leur rôle d’agents de confusion au service, conscient ou non, de la contre-révolution.
Dénouer ce fil rouge jusqu’à aujourd’hui suppose :
- Le rejet de tout nationalisme et de la constitution de nouveaux États bourgeois
- L’organisation indépendante du prolétariat kurde sur le terrain de la lutte des classes
- Le défaitisme révolutionnaire face aux guerres bourgeoises
- La dénonciation sans concession des imposteurs et provocateurs
- La perspective fédérative comme pas vers l’unification de l’humanité
- Le combat contre les propres bourgeoisies nationales kurdes
Finissons-en avec la préhistoire ici et maintenant. L’histoire a une fin, l’humanité aussi, et il n’y aura jamais d’éternité. L’histoire est le jeu pour la maîtrise de la totalité. Le but, c’est la victoire : que l’histoire soit courte !

